Sénégal : pas de pièce d’état civil pour 65,56% des enfants scolarisables en 2016

Une étude de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) révèle que 65,56% des enfants scolarisables au Sénégal, estimés à 2014230, ne disposaient pas de pièce d’état civil en 2016.

«De 2014 à 2016, le taux d’enfants disposant de pièce d’état civil est passé de 35,25% en 2014 à 36,59% en 2015 et enfin à 37,44% en 2016. Ce qui montre que 65,56% ne disposait point de cette précieuse pièce en 2016», indique l’étude présentée vendredi à Dakar.

Selon l’étude, le taux moyen d’élèves disposant de pièce d’état civil en 2016 était de 37,44%. Dans le détail, 39,74% d’entre eux sont des garçons et 35,31% des filles.

D’après l’étude, les plus forts taux de détention de pièce d’état civil sont enregistrés dans les académies de Rufisque (67,28%), de Dakar (62,36%) et Pikine-Guédiawaye (51,71%). Bien que trop faibles, les académies qui ont dépassé le taux moyen sont les suivantes : Thiès (49,72%) et Ziguinchor (46,11%).

Les plus faibles taux sont enregistrés dans les académies de Kaffrine (14,87%), de Matam (18,70% et de Tambacounda (19,73%).

«Le dispositif mis en place comprend un certain nombre de faiblesses qui limitent son efficacité. C’est à cause d’elles que d’autres stratégies sont mises en œuvre, à savoir l’organisation périodique des audiences foraines, la tenue à jour des cahiers d’état civil dans chaque village, la responsabilisation davantage des chefs de village, des élus locaux et des imams», explique l’étude.

Parmi les problèmes qui empêchent l’accès des enfants à l’état civil, il est noté le rejet par des juges de beaucoup de demandes faute de présence physique du père ou de la mère, l’absence d’un personnel qualifié dans les structures qui délivrent les actes d’état civil et les fausses déclarations ou déclarations multiples au niveau de certains centres d’état civil.

Partant de là, l’étude recommande d’organiser un audit global du fichier de l’état civil, de coordonner les interventions des acteurs mais aussi de mutualiser leurs expériences et ressources pour des résultats plus palpables avec davantage d’impacts.

Elle préconise aussi de capitaliser toutes les actions menées, avec des méthodes et outils ayant permis des progrès remarquables (cahiers de villages, contribution des gouvernements scolaires, déclaration par téléphonie mobile, etc.)

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