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Dr Boly Diop, SG du Syndicat des médecins: « Nous allons battre le macadam le 23 janvier prochain » (Itv)

Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal  (Sames) va descendre dans la rue le 23 janvier prochain. L’annonce est de son Secrétaire général. Selon Dr Boly Diop, si le gouvernement ne se penche pas sur leur plateforme revendicative, une grève de 72 heures n’est pas à exclure.

 

Quel est l’objectif du point de presse que vous avez tenu ce samedi au siège de votre syndicat à Mermos?

Après le dépôt d’un préavis de grève en date du 27 décembre 2017, le Sames tient ce point de presse pour vous informer de la situation et du risque qui pèse sur le système sanitaire sénégalais. Ce point de presse est pour nous une occasion d’alerter l’opinion publique nationale et internationale sur la situation dans laquelle le système sanitaire sénégalais pourrait être plongé à cause du comportement de l’État du Sénégal.

Quels sont les points d’achoppement entre vous et le gouvernement?

En effet, depuis mars 2014. Ça fera bientôt quatre ans, c’est-à-dire plus de la moitié du mandat du Président Macky Sall, son gouvernement est dans l’incapacité de faire respecter le protocole d’accord signé entre nos deux parties. Cet état de fait, traduit une volonté manifeste de non respect de la parole donnée et de l’écrit signé. Ainsi, sur certains points des accords signés, les instructions du Premier Ministre et des ministres, se  sont heurtés au refus catégorique des agents des ministères concernés. L’accord sur l’indemnité de spécialisation a été exécuté selon leur propre vouloir. Sur le point cruciale de l’injustice salariale, dont sont victimes les cadres de la santé de la hiérarchie A spéciale, le gouvernement joue toujours au dilatoire en repoussant l’échéance depuis 2014, creusant de par la même occasion cette injustice qu’il est censé corrigé au nom du principe de l’équité, de justice et de démocratie. Les autres points de l’accord du 31 mars 2014 qui tendent à être matérialisé , à savoir le décret sur les heures supplémentaires, l’attribution de parcelles à usage d’habitation, le prêt équipement pour les nouveaux recrutés et les points à discussions tels que l’indemnité de logement, la retraite à 65 ans sont inscrits dans cette même logique de dilatoire caractéristique du gouvernement comme c’est le cas avec les autres syndicats.

 

Dans le cadre de cette lutte, quelles sont les stratégies que vous compter mettre en place pour espérer obtenir gains de causes?

C’est l’occasion de vous annoncer que le Cusems et le Sames ont décidé de mettre en place un front national des travailleurs pour l’équité et la justice sociale. Ce front sera élargi à d’autres organisations syndicales qui partagent les mêmes conditions que nous. L’objectif visé par ce front unitaire est d’exiger du gouvernement la matérialisation de tous les accords signés. Et notamment la question de l’alignement de logement. Ainsi, le Sames tient le gouvernement du Sénégal pour responsable de la situation délétère qui va régner dans les secteur aussi bien de l’éducation et de la santé par sa mauvaise volonté et pour son manque de considération pour les ressources humaines. Le Sames regrette beaucoup, aux côtés du Cusem, cette nouvelle ère de recul dans les relations avec les partenaires inaugurées par le gouvernement. En effets tous les syndicats sont contraints d’aller en grève pour l’application d’accords déjà signés.

 

A vous entendre parler, on s’achemine vers une paralysie du système sanitaire si ce statut quo persiste…

Le Sames appelle tous les camarades à se mobiliser sans faille pour arracher ce qui lui reviens de droit. Dans chaque département, dans chaque région, en collaboration avec tous les syndicats affiliés à la Cnts, nous allons battre le macadam le mardi 23 janvier prochain, pour le respect de cette équité et de cette justice sociale. Dans cette alliance, la Sames compte dérouler un plan d’action. Si le gouvernement campe sur sa position, nous allons décréter 72 heures de grève à partir du 30 janvier 2018. Après cette étape, si rien n’est fait ,  nous allons durcir le combat avec ce qu’on appelle la centralisation des urgences.

Propos recueillis par Kémo Daffé

(Dakarhebdo.com)

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