«LE NOUVEAU CODE FORESTIER CONTENAIT DES LACUNES SERIEUSES»

Face à la presse hier, le ministre de l’Environnement et du Développement Durable, Mame Thierno Dieng a soutenu que le nouveau code forestier censé durcir l’arsenal juridique de répression du trafic de bois sera déposé mercredi prochain sur la table du président de la République, Macky Sall. Selon Mame Thierno Dieng, le projet de loi portant nouveau code forestier contenait des «lacunes sérieuses» à son arrivée à la tête du ministère.

Les instructions du président de la République, suite à la tuerie de Bofa Bayotte, ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. En conférence de presse hier, le ministre de l’Environnement et du Développement durable a indiqué que le nouveau code forestier sera déposé mercredi prochain sur la table du président de la République.

Selon le Pr Mame Thierno Dieng, le projet de loi portant nouveau code forestier qu’il a trouvé à son arrivée à la tête du ministère de l’Environnement contenait de sérieuses lacunes. «Une analyse approfondie a permis de découvrir que les observations pertinentes de la Cour suprême et du ministère de l’Economie et des Finances n’ont pas été intégrées ou très mal prises en compte dans la dernière mouture proposée», explique Mame Thierno Dieng. Dès lors, dit-il, une relecture s’impose compte tenu de l’importance d’une bonne rédaction d’une loi pour son efficacité, sa qualité et sa cohérence.

Toutefois, rassure-t-il, «les instructions du président de la République à savoir la finalisation sans délai du nouveau Code forestier et la suspension jusqu’à nouvel ordre de la délivrance de tout permis de coupe de bois seront appliquées à la lettre. Mais, cette suspension de la délivrance de tout permis de coupe de bois est transitoire dans le temps et limitée dans l’espace dans les régions administratives de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou». Il estime que le nouveau code forestier est censé durcir l’arsenal juridique de répression du trafic de bois par les moyens d’un renforcement du quantum des peines encourues par la délinquants et la création de nouveaux délits aggravés que sont le trafic international de bois et l’association de malfaiteurs portant sur le trafic de bois. «Toute exploitation telle qu’elle soit dans la forêt naturelle de Casamance est, désormais, frauduleuse», avertit le ministre de l’Environnement. Présent à la rencontre, le Directeur des Eaux et Forêts, Chasses et de la Conservation des Sols, le Colonel Baidy Bâ, a fait le point sur le travail effectué par ses services.

Chiffres à l’appui, il a lavé à grande eau les services des Eaux et forêts en mettant en exergue leurs actions dans la lutte contre le trafic illicite de bois. «Ceux qui accusent les agents des eaux et forêts de se limiter qu’aux axes routiers ont tout faux. C’est méconnaitre le fonctionnement des Eaux et Forêts que de tenir de tels propos. Si les agents des Eaux et Forêts ne se limitaient qu’aux axes routiers, ils ne feraient pas de résultats», martèle le Colonel Baïdy Bâ qui renseigne que durant l’année 2017, près de 900 millions FCFA ont été versés dans les caisses de l’Etat par les agents des Eaux et Forêts. Cela dit, il reconnaît qu’il existe en Casamance des zones inaccessibles aux agents des Eaux et Forêts. «Ce sont des zones où un agent accède difficilement», relève-t-il.

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