Procès Khalifa Sall : le réquisitoire de feu du procureur

Le Procureur de la République est convaincu de la culpabilité de Khalifa Sall qui est poursuivi pour les faits de détournement présumé de deniers publics estimés à 1,8 milliard Cfa. « C’est moi qui avait dit qu’il a pris. Je vais vous le démontrer au moment opportun », a-t-il martelé. Serigne Bassirou Guèye s’exprimait ainsi au cinquième jour du procès de Khalifa Sall et Cie.

Dans la foulée, le maitre des poursuites a demandé au Tribunal de débouter les avocats de la défense au sujet des exceptions de nullité qu’ils ont soulevé dans l’espoir de tirer leurs clients d’affaires. « Je requière pour dire que vous êtes compétent pour juger tous les prévenus ici présents. C’est la raison pour laquelle je vous demande de rejeter toutes les exceptions soulevées par la défense », a notamment déclaré le parquetier en Chef.

Dans son réquisitoire, il a démoli les plaidoiries de la défense relativement aux procès-verbaux d’interrogatoires et à l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction. « Ils ont soutenu beaucoup d’exceptions. Mais ce qui les intéressent réellement, c’est l’annulation de la procédure. C’est peine perdue puisqu’elle s’est faite dans les règles de l’art », a en outre souligné Serigne Bassirou Guèye.

Pour éclairer la lanterne du Tribunal sur cette question, le maitre des poursuites a rappelé qu’au Sénégal aucun juge ne peut annuler une pièce de procédure sauf les actes de procédure. Dans ses effets de manche, le Procureur de la République a pris le contre-pied de la défense qui avait soutenu que le rapport de l’IGE est « nul » parce que n’ayant pas été versé dans le dossier. « Le rapport de l’IGE suffit pour saisir le juge d’instruction », a-t-il tranché.

Très en verve, il a également apporté des précisions sur la polémique autour de la levée de l’immunité parlementaire du député-maire de Dakar. Pour le Procureur de la République, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. « Nous avons été saisi par le Président de l’Assemblée nationale. Il nous a transmis un extrait de la délibération relativement à la levée de l’Immunité parlementaire de Khalifa Sall », a-t-il dit.

Après ce réquisitoire volcanique, la réplique des avocats de la défense n’a pas tardé. Pour Mbaye Sène qui a été le premier à prendre la parole, l’ordonnance de renvoi doit être purement et simplement annuler. « Le défaut de mention de la présence des avocats des prévenus annule de facto la procédure », a-t-il déclaré.

Abondant dans le même sens, Mes Layti Gaye et Demba Ciré Bathily ont rappelé à qui voulait l’entendre que toute la procédure depuis l’enquête préliminaire est entachée d’irrégularités. A les en croire, le règlement Numéro 5 de l’Uemoa relatif à la présence de l’ avocat dès l’interpellation de son client de même que la circulaire du Garde des sceaux ont fait l’objet de graves violations.

Auparavant, ce cinquième jour du procès de Khalifa Sall et Cie a été marqué par plusieurs incidents d’audience. Me El Diouf Diouf qui défend les intérêts de la Mairie de Dakar avait été exclu du procès par le juge Malick Lamotte. Le Président du tribunal correctionnel de Dakar avait motivé sa décision en avançant des arguments en droit qui interdit formellement à un avocat qui a été ancien député de plaider contre les intérêts de l’État au moins pendant une période n’excédant pas 5 ans.

Finalement, le Président Lamotte est revenu sur sa décision, après conciluabule avec Me Mbaye Guèye, le bâtonnier de l’ordre national des avocats.

Le procès qui a démarré vers 9 heures 30mn a été suspendu à 18 heures 5 mm pour repris ce matin avec la suite des répliques de la défense et des avocats des parties civiles.

(INFO: DAKAR HEBDO)

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