Macky et Barrow face à la presse à Banjul

Le Conseil présidentiel entre le Sénégal et la Gambie a eu lieu ce mardi à Banjul. Après la cérémonie d’ouverture, le Président Macky Sall et son homologue gambien, Adama Barrow, ont fait face à la presse. Entre autres questions abordées, le sort de Yaya Jammeh.

Pourquoi Jammeh tarde à être jugé
Le Président Adama Barrow, sur la traduction en justice de Jammeh, a dit : « Devons-nous traduire en justice Jammeh ? C’est quelque chose qui doit être fait. Mais cela doit être fait dans les règles de l’art. Avant de traduire quelqu’un devant les tribunaux, il faut d’abord avoir des preuves claires. Et ces preuves, ce ne sont pas que de simples paroles. Mais des preuves claires. Et c’est à cela que nous nous affairons en ce moment. »

Dans cette perspective, une commission est en train de repasser le film des 22 années de règne de Jammeh avant de faire des recommandations. « Nous agirons en fonction de ces recommandations, rassure Barrow. Mais toute personne ayant posé des actes répréhensibles, nous sommes prêtes, nous autorités, à la traduire en justice. Et cela, pour que quand un autre Président viendra, qu’il traite convenablement son peuple. »

Les conseils de Macky
À propos de Jammeh, Macky Sall s’est gardé d’aller au fond des choses. Se limitant à quelques principes généraux, laissant le champ des questions domestiques gambiennes à son homologue. « Le Président Barrow a évoqué une question gambienne, et je n’entrerai pas dans un débat qui concerne les affaires éminemment gambiennes, prévient le chef de l’État sénégalais. J’estime humblement que quand un pays traverse une période douloureuse, justice doit pouvoir être rendue. C’est vrai. Mais aussi, il est important de discuter. De mettre en place des commissions vérité et réconciliation. Peut-être, quand les gens sauront ce qui s’est passé, et comment cela s’est passé, peut-être qu’il y aura une solution peut-être judiciaire ou autre, et mettre en place de nouvelles lois. »

Toutefois, s’est avancé Macky Sall, la priorité de la Gambie doit résider dans la quête de son essor. « Le Président Barrow, aujourd’hui, on doit l’aider à développer la Gambie, à sécuriser le peuple gambien, pour qu’il fasse en sorte que la Gambie soit un pays attractif », fixe le Président sénégalais.

Macky Sall : « Si la Gambie dit stop… »
Sur le retrait des troupes de la Cedeao, qui sont essentiellement constituées de soldats sénégalais, Macky Sall a précisé que cela ne dépend que de la Gambie : « Tant que la mission de sécurisation marche bien et que la Gambie n’y renonce pas, elle peut continuer. Car la Gambie est un pays souverain. Si demain elle disait que ça suffit, nos hommes seront le soir à Karang (en territoire sénégalaise). Donc ça ne dépend que de la Gambie et de la sécurité dont elle a besoin et la décision de la Cedeao. Mais ça ne dépend pas du Sénégal. »

Avant de clôturer la conférence de presse, les deux Présidents ont évoqué la problématique du trafic de bois en Casamance, qui a engendré le massacre de Boff. « Nous en avons discuté, le Président Sall et moi, a révélé Adama Barrow. Nos hommes sont en faction dans la zone de coupe. Et nous souhaiterions un partenariat avec le Sénégal. C’est devenu une affaire sérieuse car certains gagnent de l’argent avec ce trafic illicite et ils y sont tellement accros que c’est devenu une drogue pour eux. Donc ils sont prêts à tout pour continuer leur trafic. »

Barrow : « Jammeh était dans le business du bois »
Le Président Barrow n’a pas manqué de rappeler le rôle joué par son prédécesseur dans le trafic de bois. « Tout le monde sait ici en Gambie que l’ancien Président était dans le Business. Donc il n’avait pas intérêt à ce que ce business s’arrête. Mais nous, nous n’y avons pas d’intérêt. Notre intérêt, c’est que le Sénégal doit être stable et la Gambie aussi. Nous savons que beaucoup de mains sont empêtrées dans ce trafic de bois. Mais ça n’arrange aucun pays. Et nous faisons tout pour arrêter ce trafic. »

Quant au nouveau visage de la Gambie, Barrow a presque jubilé : « Aujourd’hui, tous ceux qui nous regardent, y compris l’ancien président (Ndlr : Jammeh), sauront que nous avons progressé. Et cela, grâce à la démocratie. Le monde entier avance vers la démocratie. Nous connaissons bien la tradition démocratique du Sénégal. Donc, si la Gambie s’avance dans cette direction, le Sénégal doit être notre partenaire. »

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