Présidentielle 2019 : Les Religieux Choisissent Leur Camp

A moins d’un an de la Présidentielle, les religieux sont les citoyens les plus courtisés de l’électorat.

Ils affichent, pour les uns, leur choix ou réservent, pour les autres, leur soutien. Le temps d’y voir plus clair dans la grisaille.

Alea jacta este ! Les dés sont presque pipés. A moins d’un an de la Présidentielle, les religieux ne font plus mystère de leur choix politique. Courtisés comme pas possible parce que crédités de la qualité de grands électeurs, certains parmi eux ont fini d’officialiser leur choix. Le dernier en date, c’est Serigne Modou Kara Mbacké. Le guide moral du Parti pour la vérité et le développement (Pvd) a porté son choix sur le Président sortant. «Permettez-moi de vous annoncer mon soutien personnel au président de la République Macky Sall. Toutefois, j’en discuterai avec les membres de ma coalition que j’ai baptisée +La coalition du siècle+, de manière élargie à toutes les bases pour voir s’ils me le concèdent». Un choix, certes, non équivoque pour ce qui le concerne personnellement, mais assorti de conditions. Il aura été bien inspiré de mettre des réserves vu que, c’est de son cercle restreint que se sont élevées des voix pour se désolidariser de cette position qui n’est pas celle du parti. Le premier, c’est son fils, Moustapha Kara qui accuse un membre du Pvd d’avoir travaillé au corps son père dans le seul intérêt de Macky Sall. Même si, dans une vidéo publiée sur Dakaractu, Serigne Modou Kara s’est livré à un recadrage en règle du fils récalcitrant qui a osé ramer à contre-courant de son choix de cœur. Mais, Moustapha Kara n’est pas le seul. Dans le Pvd, des voix grommellent mezza voce contre l’appel à voter Macky Sall.

Si pour Serigne Modou Kara, la position est presque claire, tel n’est pas le cas pour Serigne Moustapha Sy. Guide moral des Moustarchidines et responsable, par procuration, du Parti pour l’unité et le rassemblement (Pur), le fils du défunt khalife général des tidianes avait clairement affiché son soutien à Khalifa Sall, à la veille de la mise sous mandat de dépôt de ce dernier dans le cadre de l’affaire dite de la caisse d’avance de la ville de Dakar. Sauf que, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Entre temps, les législatives sont passées par là. Mais, Serigne Moustapha n’a pas été audible dans un soutien à la liste Manko Taxawu Senegaal dont la tête de file était justement Khalifa Sall. Au contraire, le Pur dont il insuffle, indirectement, la doctrine a préféré aller sous sa propre bannière et récolté, à l’arrivée, trois députés. Un succès pour une première participation puisque c’est seule que cette formation est allée à la conquête du suffrage. L’appétit venant en mangeant, le Pur envisage d’aligner un candidat pour la Présidentielle. Sera-ce Serigne Moustapha Sy ou Issa Sall ? Serigne Moustapha Sy va-t-il travailler pour son propre compte, adouber Khalifa Sall ou choisir un autre camp ? L’avenir le dira.

Quant à son cousin, Serigne Mansour Sy Djamil, c’est un secret de polichinelle que ses relations avec le Président sortant ne sont plus au beau fixe. L’épisode de la bouderie du gouverneur de Louga en est la parfaite illustration. S’il choisit de ne pas rouler pour sa propre chapelle, il est fort probable qu’il porte ses paris sur l’un des candidats de l’opposition. Le mystère, c’est quel sera ce candidat.

Quant à Idrissa Seck et Karim Wade, ils pourront bien compter sur le soutien de quelques seconds, notamment de Touba, qui ne cachent pas leur alignement sur leurs positions. Karim qui surfe sur la sympathie de Touba pour son père pourrait bien engranger des dividendes pour ce vote à l’affect là où le Président de Rewmi pourrait compter sur quelques fidèles et autres déçus de Macky qui se déporteraient volontiers sur sa candidature.

Mais, plus globalement, c’est de Touba, Tivaouane et Kaolack que sont attendus les plus gros soutiens. Macky Sall qui n’en fait pas mystère a fait de la modernisation des cités religieuses un des grands chantiers de son septennat. Seulement, il ne suffit pas de tonnes de ciment, de fer et de béton pour construire le «Ndiguël» qui, de toutes les façons, est si démodé qu’il est devenu un pari risqué pour qui s’y aventure.

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