Contribution/Ma lecture de la Démission du Procureur Dème (Par Ibrahima Sène)

Il a le droit de démissionner pour s’engager en politique.

Mais ce qui m’étonne, c’est son argumentaire pour expliquer les raisons de sa démission.

En effet, Il cite le manque d’Indépendance des Magistrats vis à vis du Président de la République qui gère leurs carrières à travers le Conseil Supérieur de la Magistrature où il n’ a qu’une seule voix comme tous les autres membres!

Il s’en suit donc, que logiquement, ce n’est pas la présence du Président de la République au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature qui est la cause de ce manque d’indépendance, puisqu’il n’ a qu’une seule voix parmi d’autres.

C’est pour cette raison qu’il a mis l’accent sur le recours abusif aux  » Consultations à Domicile » à la place d’une convocation régulière du Conseil!

C’est donc, logiquement, le fonctionnement du Conseil qu’il indexe, et non sa composition.

N’était- il pas possible de rester et de lutter contre ce recours abusif en s’appuyant sur l’Amicale des Magistrats du Sénégal qui mène publiquement et courageusement le combat pour une plus grande indépendance des Magistrats dans l’exercice de leurs fonctions?

Mais il a choisi de partir en voulant faire croire que c’est par courage par éthique et par soucis de libérer les Magistrats!

Cependant, force est de reconnaître, que tous les Magistrats ne sont pas, dans leurs relations avec le pouvoir exécutif, dans les mêmes rapports de servitude.

En effet, le Procureur et le juge n’ont pas les mêmes obligations d’obéissance avis à vis du Président de la République et du Ministre chargé de la Justice.

Il sait qu’en âme et conscience, le Procureur est aux ordres de l’Exécutif, alors que le Juge ne l’est pas.

Pourtant, pour sa carrière, il a choisi d’être Procureur!

Il a donc choisi volontairement la servitude contre laquelle, il prétend aujourd’hui se soulever!

De qui se moque t -‘il ?

S’il ne peut plus supporter cette servitude qu’il a librement choisie, il a le droit de la quitter sans porter le discrédit sur ceux qui n’ont pas les mêmes problèmes que lui et qui ont décidé de rester.

Si ceux qui sont restés mettent l’index sur la place qu’occupe le Président de la République dans le Conseil Supérieur de la Magistrature, lui, par contre, il met l’accent sur le recours abusif aux  » Consultations à Domicile », auxquelles il avait décidé de ne pas participer , et c’est son droit, malgré l’avis de eux qui l’ont pourtant élu au Conseil.

Son départ ne s’explique donc que par son empressement de renter en politique avec la proximité de la Présidentielle, et son discours vise à se faire une sympathie dans l’opinion pour des raisons électoralistes.

C’est pourquoi, il a cherché à ennoblir son geste, peu glorieux, de démission, qui consacre ses ambitions personnelles, au détriment des attentes de ses nombreux collègues qui l’ont désigné pour défendre leurs droits au sein du Conseil.

C’est le vice qui cherche à ce que la vertu lui rende hommage!

Des jeunes aussi pressés de réaliser leurs ambitions personnelles, jusqu’à sacrifier la confiance placée en eux, doivent êtres démasqués et combattus sans forfaiture.

Ils sont prêts à vendanger les intérêts du peuple et ses acquis républicains et démocratiques au nom de la « République de leurs valeurs » !

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

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