Chambre criminelle: pourquoi le Procureur a requis 30 ans ferme contre Imam Ndao (Par Siaka Ndong)

Comme annoncé, le représentant du ministère public, le Procureur Aly Ciré Ndiaye a finalement fait son Grand Oral. C'était ce lundi à la salle 4 du Palais de justice de Dakar où sont jugés depuis plusieurs semaines une trentaine de présumés Djihadistes sénégalais.

 

Dans son requitoire de feu qui a duré plus de quatre tours d’horloge, le maître des poursuites n’a pas été du tout tendre avec une bonne partie des accusés. Pour le Procureur, le Sénégal l’a échappé belle puisqu’il était visé par des actes terroristes commandités depuis l’extérieur par des groupuscules proches d’Al-Qaïda, de Daesh et de Boko-Haram. C’est pourquoi, il n’a pas manqué de saluer le rôle prépondérant de nos services de renseignements. A l’en croire, grâce au professionnalisme de nos « RG », plusieurs attaques terroristes ont été dejouées dans notre pays. Dans ses effets de manches, il a révélé que la traque tous azimuts aux « barbus » a véritablement commencé au Sénégal à partir du 7 juillet 2015. Selon le Procureur Aly Ciré Ndiaye, c’est l’interpellation du sieur Abou Hamza Ndiaye qui a permis de déclencher ce rouleau compresseur. Ce présumé Djihadiste avait publié, a-t-il rappelé, des photos choquantes sur sa page Facebook montrant des combattants sénégalais de Daesh tués en Libye. Pis, selon le maître des poursuites, le sieur Abou Hamza Ndiaye avait même menacé directement le Président Macky Sall en ces termes: « Louanges à Allah qui nous a sélectionné parmi ses soldats. Je suis en train d’écrire à Satan, au mécréant Macky Sall. Bientôt vous recevrez des messages d’Allah ». Fin de citation. Convaincu qu’il tenait le bon bout, le Procureur Aly Ciré Ndiaye a en outre  démontré que des actes préparatoires de plusieurs projets Djihadistes avaient été planifiés lors des réunions secrètes qui se sont tenues à Rosso, Richard-Toll et à Mbao dans la périphérie de Dakar. Très en verbe, il a aussi démontré qu’il existait un lien, défendant ainsi la thèse de l’association de malfaiteurs, entre les accusés Matar Diokhané, l’une de ses épouses Coumba Niang, Imam Ndao et Abou Hamza Ndiaye entre autres. Il en veut pour preuve les doccuments compromettants dont un livre sur le Djihad trouvé chez Matar Diokhané. Idem pour l’Imam Ndao dont l’exploitation du téléphone portable a permis de constater que ce dernier était membre d’un Forum de présumés Djihadistes regroupant quelque 1800 membres. Poursuivant son réquisitoire, le maître des poursuites a indiqué que la quasi-totalité des accusés qui avaient intégré les bases Djihadistes d’Al-Qaïda au Nord du Mali, les rangs de Daesh en Libye où de Boko-Haram au Nigéria avaient été tous formés au maniement d’armes, d’eplosifs et de conduite de chars de combat. C’est la raison pour laquelle, sous le bénéfice de toutes ces observations, il a demandé au tribunal de condamner à la prison à perpétuité une dizaine d’accusés dont le sergent-récruteur de Boko-Haram au Sénégal, le sieur Matar Diokhané et Abdou Akim Bao qui avait reconnu à l’interrogatoire d’audience avoir combattu pour Al-Qaïda au Nord du Mali. Dans la foulée, le Procureur Aly Ciré Ndiaye a requis 30 ans de travaux forcés à l’encontre de l’Imam Alioune Badara Ndao, 20 ans de réclusion pour Saliou Ndiaye et Moustapha Diatta, 10 ans ferme pour Coumba Niang, la première épouse de Diokhané et 5 ans pour Alioune Badara Sall et Amy Sall. Il a toutefois demandé l’acquittement pour délits non constitués pour 8 accusés parmi lesquels figure Marème Sow, la deuxième épouse de Matar Diokhané. Au terme de ce réquisitoire, l’audience a été suspendue par le juge Samba Kane jusqu’à jeudi prochain. Et ce, pour permettre à la soixantaine d’avocats de la défense de bien préparer leurs plaidoiries. Les accusés qui sont dans les liens de la détention provisoire depuis plusieurs années sont poursuivis pour les faits d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, blanchiment de capitaux dans le cadre d’activités de terrorisme en bande organisée, d’actes de terrorisme par menacé où complot, d’apologie du terrorisme,  de détention d’arme sans autorisation admunistrative et de financement du terrorisme.

[Info: Dakarhebdo.com]

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