Aliou Sall attaque les leaders politiques : « je n’ai pas le droit de laisser faire ces guignols »

« Certains me l’ont suggéré en privé. J’affirme ici que cela ne m’intéresse pas et que je n’y songe pas. Par contre, je continuerai à faire de la politique. Quand je vois l’opportunisme de certains leaders, je me dis qu’on n’a pas le droit de laisser faire ces guignols. Comme il lui est arrivé de le dire un jour, par défi, ce que l’on m’a reproché jusqu’en haut lieu, en politique, hormis le poste de Président, je ne m’interdis rien ! », déclare Aliou Sall.

Revenant sur son élection à la mairie de Guédiawaye en 2014, Aliou Sall confie que Macky Sall n’était pas d’accord avec sa candidature. « Quand je me suis lancé dans cette campagne, je n’étais pas soutenu par le Président Macky Sall, qui n’était pas enthousiaste du tout. C’est seulement lorsqu’il a compris que je n’allais pas reculer et que j’étais le principal atout sur place de l’Alliance pour la République qu’il a entériné ma candidature. Mais cette victoire, je la dois d’abord aux militants de Guédiawaye et non à l’establishment de l’Apr », confie-t-il.

« Macky Sall m’a interdit de me présenter aux législatives »
Lors des élections législatives de 2017, Aliou Sall note qu’il a fallu l’implication personnelle du Président Macky Sall pour qu’il se désiste.
»Non seulement j’avais l’intention d’être candidat, mais j’avais été adoubé par l’ensemble des acteurs politiques de Guediawaye. Un beau jour, le président m’a appelé pour me dire : «Aliou, c’est bien beau, je sais que tout le monde est d’accord sur ta candidature, mais il faut que tu te retires. » Par la suite, mes adversaires, parmi lesquels quelques faucons au sein de mon propre parti, s’en sont donné à coeur joie en se disant qu’ils tenaient là une belle occasion de m’enterrer définitivement. Je n’allais pas passer outre une directive du président, mais j’ai tout de même bandé les muscles pour leur montrer que l’heure de ma mort politique n’avait pas encore sonné », dit-il dans les colonnes de « Jeune Afrique ».

Selon Aliou Sall, c’est clair que certains hommes politiques Sénégalais cherchent à atteindre le Président Macky Sall par son bais. »Le Président et moi avons vite compris que le cœur du problème n’avait rien à voir avec ma position à Petro-Tim. Tout venait du fait que j’étais le frère du Président. Quelle que soit ma fonction, il était évident que je demeurerais une cible pour atteindre Macky Sall. L’opposition n’a rien contre lui et je sais que jusqu’en février 2019, au moins, je subirai ses attaques. »

Je ne suis pas Karim Wade
Sur sa nomination à la tête de la Direction de la Caisse de Dépôts et Consignations, Aliou Sall réagit. »Au Sénégal comme ailleurs, quand on se lance en politique, on doit s’attendre à recevoir des coups. Mais le fait que je sois visé pour atteindre mon frère ne va pas m’inciter à mettre la clé sous la porte », dit-il.

A ceux qui lui prédisent le même sort que Karim Wade, il rétorque que Macky Sall n’est pas Abdoulaye Wade. Wade, dit-il, s’évertuait à installer son fils à la tête du pays alors que Macky Sall veut être réélu. Aussi, ajoute-t-il, il est le seul membre de la famille de Macky Sall impliqué dans l’appareil d’État, étant entendu qu’ils constituent une famille de quatre garçons et d’une fille. »Notre sœur est agent dans l’administration Sénégalaise, l’un de mes frères est agent administratif dans une société de distribution d’eau, un autre est agent comptable. Je gagne correctement ma vie. Mon traitement dans le secteur public est inférieur à ce qu’il était hier dans le privé. J’ai déposé ma déclaration de patrimoine que je dois renouveler sous peu. Je ne suis possesseur d’aucun bien immobilier, ni d’aucun compte bancaire hors du Sénégal! », se dédouane-t-il.

igfm

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