Procès en appel de Khalifa Sall: la défense suspecte la Cour d’être à la solde de l’exécutif (Par Siaka Ndong)

Le procès de Khalifa Ababacar Sall et Cie se poursuit toujours devant la Cour d'Appel de Dakar. En dépit du rejet de toutes leurs requêtes, la défense de l'édile de la capitale ne décolère pas. Elle continue d'exiger orbi et urbi la libération du député-maire de Dakar. A l'en croire, ce procès est entaché d'irrégularités. C'est la raison pour laquelle, les avocats-défenseurs de l'enfant de Grand-Yoff ont à nouveau campé sur leur position en sollicitant un renvoi de 15 jours.

Selon Me Ousseynou Fall, la Cour n’a pas à se dérober par rapport à cette requête qui est bien fondée en droit. « Pour une bonne administration de la justice, un renvoi de 15 jours s’impose pour permettre à la défense d’entrer en possession de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO », a-t-il soutenu. Abondant dans le même sens, Me Demba Ciré Bathily a déclaré que cette affaire ne peut être jugé sans que l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO ne soit versé dans le dossier. Sous le bénéfice de toutes ces observations, la défense n’y est pas allée de main morte pour exiger la libération pure et simple de Khalifa Ababacar Sall. « Nous demandons la libération d’office du député-maire de Dakar conformément à la loi », a souligné Me Ciré Clédor Ly. Revenant à la charge, Me Ousseynou Fall a en outre mis la Cour qu’il suspecte d’être à la solde de l’exécutif, devant ses responsabilités. « Si le Procureur général a un calendrier dicté par le pouvoir, nous ne le cautionnerons pas. Nous nous défendrons avec la force des arguments juridiques. C’est à vous de décider. Vous avez prêté serment », a-t-il martelé. Il s’adressait ainsi au juge Demba Kandji, le President de la Cour d’Appel de Dakar. Auparavant, la défense qui avait boudé la veille la mythique salle 4 du Palais de justice Lat Dior où se tient ce procès en appel, a tenu à lever quelques équivoques. « La défense a quitté la salle et non le procès », a précisé l’avocat Français qui s’est constitué récemment pour défendre les intérêts du premier magistrat de la ville de Dakar. Pour Me Alain Jakubowicz ceux qui veulent entretenir cette confusion, doivent déchanter. A l’en croire, la défense est déterminée à se battre jusqu’au bout pour obtenir la libération de Khalifa Ababacar Sall qu’il considère comme un détenu politique. Les avocats de l’État par la voix de Me Baboucar Cissé estiment que dans cette affaire, rien n’oblige au juge d’appliquer l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO. Après plusieurs tours d’horloge de palabres juridiques où les mots ont parfois volés très bas, l’audience a été suspendue pour être repris ce matin. Dans cette affaire dite de la Caisse d’avance de la Mairie de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, on se le rappelle, avait été condamné en première instance à une peine d’emprisonnement de 5 ans ferme pour escroquerie portant sur les deniers publics. Il avait été toutefois été relaxé des chefs de prévention de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs.

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