Khadim Diop: « Je n’ai pas le droit de trahir l’esprit du Cnjs »

Le Président du Conseil national de la jeunesse du Sénégal  (Cnjs) a balayé d’un revers de la main les accusations selon lesquelles, il serait proches de certains leaders de l’opposition. « On m’a taxé pro-Idy, de pro-Karim puis aujourd’hui de pro-Khalifa Sall. Je tiens à préciser que je suis apolitique. Le Cnjs est une organisation apolitique. Je n’ai pas le droit de trahir l’esprit qui a prévalu à sa création », a-t-il martelé. Dans la foulée, Khadim Diop qui est à la tête du Cnjs depuis le 30 décembre 2016 n’a pas manqué de brocarder ses détracteurs. « Ce sont les mauvais perdant qui s’agitent. J’ai été élu à l’issue d’une élection très démocratique pour un mandat de trois ans renouvelable. Et mon élection a été validé par la Cour d’Appel de Dakar », a-t-il rappelé. Khadim Diop faisait ainsi allusion aux remous qui ont secoué récemment le Cnjs. Une frange de cette organisation, on se le rappelle, était entrée en rébellion contre la gouvernance du Président qu’elle avait qualifiée de « dictatoriale ». Zen, l’enfant de Ngaye-Mékhé estime qu’il a d’autres chats à fouetter que de se laisser entraîner dans des querelles de bornes-fontaines. « Le Cnjs est préoccupé par la formation et l’insertion des jeunes dans le tissu socio-économique du pays, entre autres axes prioritaires », a-t-il déclaré. C’est la raison pour laquelle depuis son élection à la tête de cette instance, dira-t-il en substance, lui et son équipe s’évertuent à inscrire le Cnjs dans une logique de création de richesse.

« Si plus de 65% de la population ne contribuent pas à la création de richesse, on ne peut pas parler d’émergence », a-t-il dit. Il a en outre fustigé la faible représentativité des jeunes dans les instances de prises de décisions. « Nous sommes moins de 10 jeunes à l’Assemblée Nationale, moins de 5 au Hcct et mois de 2 au Conseil économique et social », a-t-il révélé. Très en verve, le Président du Cnjs a indiqué que son organisation qui polarise quelque 749 démembrements et 17.000 organisations membres travaille à réparer cette disparité. « Le Cnjs en partenariat avec les organisations de jeunes a déposé sur la table du gouvernement un projet de loi instituant un quota de 30% de jeunes dans toutes les Assemblées électives », a-t-il précisé. Président du Cnjs depuis pratiquement un an et demi, Khadim Diop a tiré un bilan d’étape assez satisfaisant. « À notre arrivée l’Agence Nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes  (Anpej) avait une enveloppe de 800 millions Cfa pour le financement des jeunes. Nous avons fait un plaidoyer et cette enveloppe de 800 millions Cfa est passée à 3 milliards. Après une tournée nationale, nous nous sommes rendus compte que les besoins de financement des jeunes étaient au moins de 12 milliards. Nous avons poursuivi notre plaidoyer et finalement le gouvernement a mis en place la Délégation à l’entreprenariat rapide  (Der) dotée d’une enveloppe de 30 milliards », a-t-il expliqué. Il a aussi annoncé le démarrage en janvier 2019 d’une vaste campagne de sensibilisation pour lutter contre  l’immigration clandestine. Le Président Khadim Diop a également rappelé qu’en collaboration avec les 3FPT, le Cnjs a formé entre autres quelque 200 jeunes en technique de topographie et 458 jeunes en sécurité routière. Il a par ailleurs félicité le ministre de la jeunesse pour la bonne organisation de l’édition 2018 des vacances citoyennes. Actualité oblige, le Président Khadim Diop a rendu au nom du Cnjs un vibrant hommage au ministre-Chef de protocole de la Présidence de la République décédé le vendredi dernier. Selon le Président du Cnjs, Bruno Diatta était une référence pour la jeunesse sénégalaise mais aussi un patriote doublé d’un républicain au sens noble du terme.

Siaka NDONG

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